MALI, LA CROIX-ROUGE MALIENNE MAINTIENT SES INTERVENTIONS MALGRÉ LA BAISSE DES FINANCEMENTS HUMANITAIRES
Propos de Nouhoum MAÏGA, Directeur Général de la Croix-Rouge malienne
La baisse des financements humanitaires à l’échelle mondiale intervient alors que les besoins ne cessent de croître. Au Mali, les violences armées, les déplacements de populations et les catastrophes continuent d’affecter des milliers de familles. Malgré ces contraintes, la Croix-Rouge malienne poursuit ses interventions avec le soutien de ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Dans les zones de Macina et de l’interfleuve, entre Mopti et Ségou, nos équipes apportent actuellement une assistance à plus de 300 ménages déplacés, originaires notamment de Macina et de Niono. Ils bénéficient de kits d’hygiène et d’assainissement, de kits de dignité et de moustiquaires. Dans les régions de Ségou et de Koulikoro, 3 210 ménages déplacés ou affectés par les inondations ont bénéficié d’une assistance humanitaire, dont 1 996 à Ségou et 1 214 à Koulikoro.

À Ménaka, 600 ménages déplacés, originaires de Kidal et de Ménaka, ont récemment reçu une assistance financière.
À Diré, dans la région de Tombouctou, 100 millions de FCFA ont été consacrés aux transferts monétaires au profit de 2 000 ménages, à raison de 50 000 FCFA par ménage. Cette intervention comprend également la distribution de farine enrichie à 1 500 enfants.
À Gao, 225 ménages affectés par les événements sécuritaires du 25 avril 2026 ont bénéficié d’une assistance financière avec l’appui de l’Ambassade d’Allemagne. Dans la région de Tombouctou, 200 ménages sinistrés par les inondations ont reçu une assistance alimentaire d’urgence.
Nos interventions couvrent également la préparation aux catastrophes, notamment à travers les évaluations communautaires des vulnérabilités et des capacités dans la région de Mopti, ainsi que les activités de dialogue et de cohésion sociale entre migrants et communautés hôtes à Gao.
Dans le cadre de l’Appel d’Urgence Complexe, mis en œuvre avec le soutien de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et de nos Sociétés nationales partenaires, près de 136 000 personnes ont bénéficié d’une assistance multisectorielle dans huit régions du pays.
Pour l’année 2026, nos besoins financiers étaient estimés à 12 milliards de FCFA, dont plus de 10 milliards déjà mobilisés. Nos interventions ont permis d’assister plus d’un million de personnes dans nos principaux domaines d’action, notamment la santé et le bien-être, la sécurité alimentaire et les moyens d’existence, la préparation et la gestion des catastrophes, ainsi que la migration et les déplacements de populations.
Ces ressources ont permis de poursuivre nos opérations dans les différentes régions, notamment auprès des populations affectées par les événements sécuritaires survenus à partir du 25 avril 2026.
Au cours du troisième trimestre, nous avons également bénéficié d’un appui de 3 millions de dollars du gouvernement américain. Nous lui exprimons notre sincère reconnaissance pour cette contribution et la confiance accordée à notre institution.
Malgré ces appuis, les besoins demeurent considérables. Les déplacements se poursuivent et de nombreuses familles rencontrent encore des difficultés pour accéder à l’alimentation, à l’eau potable, aux soins de santé et aux biens de première nécessité.
C’est pourquoi nous poursuivons nos démarches de mobilisation des ressources auprès de nos partenaires en Europe et dans les pays arabes. Ma participation, en qualité de panéliste, à la réunion annuelle du Grand Bargain à Genève m’a également donné l’occasion de plaider pour la localisation de l’aide humanitaire et un investissement accru dans le renforcement des capacités des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, particulièrement dans les contextes fragiles.
Ces Sociétés nationales disposent d’une connaissance approfondie des réalités locales et d’un réseau de volontaires présent au sein des communautés. Elles interviennent avant, pendant et après les situations d’urgence. Leur contribution mérite d’être soutenue par des financements adaptés, prévisibles et suffisamment souples pour répondre à l’évolution des besoins.
Nouhoum MAIGA, DG de la Croix-Rouge malienne, panéliste à la réunion annuelle du Grand Bargain à Genève pour porter un plaidoyer pour la localisation de l’aide dans les capacités des Sociétés nationales en contextes fragiles.
Au Mali, notre réseau de plus de 10200 volontaires, nos branches régionales et nos unités locales jouent un rôle déterminant dans cette mobilisation. Leur proximité avec les communautés permet de poursuivre les interventions, malgré les difficultés d’accès et les contraintes sécuritaires.
Investir dans leurs capacités, c’est renforcer la préparation aux catastrophes, améliorer la rapidité des interventions et préserver une présence humanitaire auprès des populations. C’est également permettre aux acteurs nationaux d’assumer pleinement leur rôle, dans le respect des responsabilités et des complémentarités au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Je rends hommage à nos volontaires et à notre personnel pour leur dévouement et exprime notre profonde reconnaissance à nos partenaires, dont le soutien demeure déterminant pour maintenir l’assistance humanitaire malgré la baisse des financements.
La baisse des financements humanitaires ne doit pas se traduire par l’abandon des populations les plus vulnérables. Tant que des besoins humanitaires subsisteront, nous poursuivrons nos efforts pour y répondre, avec le soutien de nos partenaires et l’engagement de nos volontaires, dans le strict respect de nos Principes fondamentaux, notamment l’humanité, l’impartialité, la neutralité et l’indépendance.
Nouhoum MAÏGA
Directeur Général de la Croix-Rouge malienne
